Ouverture de l’exposition Mémoires Africaines


L’exposition « Les Résistance Africaines à la Traite et les luttes des Esclaves pour leur liberté dans les Amériques » est ouverte du 4 au 17 avril à l’Ambassade du Togo à Paris (8 rue Alfred Roll – 75017 Paris).

1

 

Allocution de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Calixte Batossie Madjoulba

Organisée dans le cadre du 58ième anniversaire de l’indépendance du Togo et en partenariat avec l’association « La France noire », cette exposition pédagogique entend apporter une lumière nouvelle sur un pan parfois galvaudé de notre histoire commune.

3

L’assistance écoutant l’allocution de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur

 

Le vernissage s’est déroulé le mardi 3 avril en présence de Son Excellence l’Ambassadeur Monsieur Calixte Batossie Madjoulba et du Président de l’association La France noire, Monsieur Raphaël Adjobi (voir photo ci-dessous).

4

Ce dernier a mis en évidence la nécessité de réaffirmer la présence des figures noires dans le paysage historique français. Ce afin d’informer la jeunesse noire et de la rendre fière de son patrimoine.

5

Prise de parole de Mr Raphaël Adjobi, président de l’association La France noire

Dans son allocution, l’Ambassadeur a insisté sur la nécessité de cultiver la fraternité et a invité à lutter contre toute forme de discrimination : « (…) il nous a semblé utile d’apporter notre soutien à l’association La France Noire en mettant en lumière le combat qu’elle porte et qui consiste à faire connaitre le passé des Noirs aux jeunes français ».

Dénonçant les pratiques esclavagistes qui ont eu lieu récemment en Libye, Mr Madjoulba a lancé un appel à la solidarité mais aussi l’engagement individuel et politique : « A travers cette exposition, j’invite tout un chacun à faire sien le combat pour la promotion de la fraternité (…) afin de bâtir des sociétés conviviales et paisibles partout dans le monde. »

6

L’histoire de la Résistance africaine et sa résonnance américaine sont rendues en panneaux successifs et chronologiques ; chacun porteur de dates clefs et d’anecdotes passionnantes. On retiendra particulièrement les gravures insoutenables de la traite négrière mais également les récits de bravoure et de liberté ; la communauté résistante fondée par le héros afro-brésilien Benkos Bioho, François Mackandal l’évadé – initiateur de la révolution haïtienne -, ou encore le capitaine Hendrik Witbooi qui s’est battu jusqu’à la mort contre les colons Allemands.

Chacun des panneaux, en plus de faire redécouvrir l’histoire de la traite, présente son lot de précisions et d’éclaircissements ; on note par exemple qu’il n’y a pas eu – contrairement aux idées reçues – de vente d’esclaves en terre africaine.

 

 

Enfin, certains écrits fondateurs comme les Codes Noirs de 1665 et 1723 doivent être relus afin de ne pas tomber dans certains écueils ; souvent perçus comme de textes visant à améliorer la condition des esclaves, ils seraient en fait très liés à des velléités impérialistes.

Mais ce que l’on retient surtout de cette exposition, c’est l’absence de passivité des esclaves face à leur condition : du grand marronage à l’engagement militaire, tout a été tenté bien avant l’abolition de l’esclavage.

La visite de l’exposition s’est achevée par un rafraîchissement pendant lequel chacun a pu échanger et faire part de ses impressions.

Leurs Excellences les Ambassadeurs du Bénin, de Djibouti et de l’Ordre Souverain de Malte ont également honoré de leur présence ce vernissage, couronnant cette soirée placée sous le signe de la liberté et du partage.